Enfant précoce issu d’un milieu cultivé, Schumann reçut ses premières leçons de piano à l’âge de 7 ans et composa très vite de petites pièces. Son père, libraire, lui fit découvrir la littérature allemande, dont les poètes Jean Paul Richter et Hoffman qui influencèrent beaucoup ses compositions.
Enfant solitaire, il était attiré autant pas la musique que par la poésie et c’est en écoutant le pianiste Moscheles en concert en 1819 qui fut pris de passion pour le piano. Néanmoins il fit des études de droits, plus sérieuses aux yeux de sa mère.En 1826 le décès de son père et le suicide de sa sœur, dans un accès de folie, bouleversent sa vie et son équilibre mental.
Robert Schumann commença l’étude du droit à Leipzig en 1828 mais étudia également le piano avec Friedrich Wieck, celui qui allait être son beau-père. A partir de 1830 il s’intéressa à la composition, et tout en travaillant en autodidacte en s’appuyant sur les œuvres de Bach, il reçut les conseils de Heinrich Dorn, directeur de l’Opéra de Leipzig. Voulant améliorer ses progrès pianistiques, Schumann inventa en 1832 un appareil destiné à vaincre le problème posé par le quatrième doigt, qui eut finalement pour effet de paralyser ce doigt et lui barra l’accès à une carrière de virtuose. Il sombra alors dans une première dépression nerveuse. Il dut réorienter sa carrière et se tourna vers la composition d’une part et la critique musicale d’autre part, en créant en 1834 la « Nouvelle Revue Musicale » , journal à la fois contestataire et défenseur de la bonne musique.
En 1840, sur décision de justice, il peut enfin épouser Clara Wieck, fille de son professeur, elle-même célèbre pianiste virtuose et compositrice. Elle lui donna 8 enfants, ce qui ralentira considérablement sa propre carrière. Cette union avec Clara apportera à Schumann bonheur et sérénité.
En 1843 il devint professeur au conservatoire de Leipzig, fondé par son ami Mendelssohn. Mais il était peu doué pour l'enseignement et quitta son poste de professeur pour devenir, en 1850, directeur musical de ville de Düsseldorf. Il traversa alors une période assez paisible où il pu créer de nouvelles oeuvres, Cependant, son instabilité nerveuse lui laisse de moins en moins de répit et son travail à la tête de l'orchestre s'en ressent, ce qui l'oblige à démissionner en 1854, plongeant ainsidans une crise de démence encore plus grave. Après une tentative de suicide par noyade, il fut interné à Bonn ( Endenich) où il mourut en 1856 .
Il fut un " romantique " au plein sens du terme : recherche au sein de l'univers de l'harmonie des choses et des êtres, à travers leur vie cachée (d'où l'immense part réservée au rêve, à la fantaisie, à la vie profonde de la nature, à l'enfance), recherche de la profondeur du double. D'où le langage, la forme de la création Schumanienne, mouvante, révélatrice de l'indicible, du caché et de l'inconscient. Sa folie semble dès lors bien née de cette constante hypertension, de cette double aspiration à saisir le quotidien et l'inexprimable.
Ses oeuvres pour le piano
- Variations Abegg op. 1 1829-1830
- Papillons op. 2 1829-1830
- Six études sur les Caprices de Paganini op. 3 1832
- Impromptus (variations sur un thème de Clara Wieck) op. 4 1832
- Davidsbündlertänze op. 6 1837
- Toccata op. 7 1829-1832
- Allegro op. 8 1831
- Carnaval op. 9 1833-1835
- Six études de concert sur les Caprices de Paganini op. 10 1833
- Sonate en fa dièse mineur op. 11 1832
- Fantasiestücke op. 12 1837
- Études symphoniques op. 13 1837
- Sonate en fa mineur op. 14 1835-1836
- Scènes d'enfants op. 15 1838
- Kreisleriana op. 16 1838
- Fantaisie op. 17 1836-1838
- Arabeske op. 18 1838
- Blumenstücke op. 19 1839
- Humoreske op. 20 1838
- Huit Novelettes op. 21, 1838
- Sonate en sol mineur op. 22 1838
- Nachtstücke op. 23 1839
- Faschingeschwank aus Wien op. 26 1839-1840
- Drei romanzen op. 28 1839
- Scherzo, Gigue et Romanza op. 32 1838-1839
- Études pour piano à pédalier op. 56 1845
- Quatre esquisses pour piano à pédalier op. 58 1845
- Six fugues sur le nom de Bach pour piano ou orgue op. 60 1845
- Album pour la jeunesse op. 68 1848
- Quatre fugues pour piano op. 72 1845
- Quatre marches pour piano op. 76 1849
- Quatre chants pour piano op. 77 1840
- Waldszenen op. 82 1848-1849
- Bunte Blätter op. 99 1852
- Trois fantasiestücke pour piano op. 111 1851
- Trois sonates pour la jeunesse op. 118 1853
- Albümblatter pour piano op. 124 1854
- Sept pièces en forme de fugue pour le piano op. 126 1853
- Gesänge der Fruhe op. 133 1853
- Variations en mi bémol majeur, sur le thème de l'esprit (Geisterthema) (sans opus) 1854.
Note: c'est la dernière œuvre achevée de Schumann.
